samedi 11 avril 2009

Fini l'hivernage, cap sur les Baléares !


Enfin, le 13 mars fini l’hivernage ! Il a été long et pénible, assez déprimant mais nous voilà reparti, nous quittons enfin Cartagena direction la Mar Menor, à 30milles, juste après le Cap Palos. La Mar Menor, c’est un peu une piscine géante de 10 milles sur 5, d’une profondeur maximale de 6m. Par une quasi pétole nous arrivons à la tombée de la nuit, on rate l’ouverture de l’entrée à 20h (un pont ouvrant) et devons patienter jusqu’à 22h. On passe le port de Toma Maestre et on jette l’ancre un peu au pif et on pionce. C’est marrant de se dire que vu les fonds on peut jeter l’ancre même en plein milieu; d’ailleurs certains ne s’en privent pas pour pécher peinard. Le lendemain on se rend à l’une des îles de cette mer intérieure, l’Isla Perdiguera où on retrouve Marjolaine et Fabien sur leur voilier Quasar (www.voilier-quasar.com). Nous les avions rencontré quelques jours auparavant à Cartagena , eux ont hiverné à Almérimar. La Mar Menor est un bon endroit pour reprendre l’apprentissage du kite surf mais pas de bol l’aile Naish explose son boudin à peine envoyée en l’air…donc les deux ailes sont nazes, il faut trouver un endroit où les réparer. Heureusement pour nous il y a un shop au sud du bassin qui nous le fait en 24h chrono, juste le temps de se prendre un petit coup de vent au mouillage et on s’y remet. Finalement la Mar Menor c’est un peu bof et on ne s’éternisera pas. L’horizon est barré par les immeubles d’appartement de vacances style HLM 70’s alors que le site était extraordinaire avant ce déferlement de béton : un isthme de sable, quelques dunes d’une quinzaine de kilomètres de long séparant la Mer Méditerranée et une grande lagune avec les montagnes en fond et le Cap Palos...
22 mars, on trace à Moraira, à 71milles plus au nord le long de la côte pour écourter la traversée vers les Baléares. L’absence de vent favorable nous permettant d’y aller direct nous y contraint un peu. Deux nuit au port de Moraira, grosses courses, lessives et tiens, revoilà Quasar qui a tranquillement fait plusieurs stops le long de la Costa Blanca et s’apprête aussi à traverser. Le 25 mars à 14h départ pour les Baléares, on va se le faire de nuit. Le vent est bon S-SE force 4 mais la mer est vraiment merdique pendant les quelques premières heures, ce sont les restes des jours précédents plus venteux. Pas de problème pour passer le rail du Cabo de la Nao avant la nuit et ensuite c’est le bon vieux Navic qui assure jusqu’à ce que le vent s’épuise au petit matin et nous oblige à nous casser la tête au moteur pour atteindre Espalmador. Et là, surprise, au lever du soleil, à peine à 5 miles de la côte, on tombe sur une baleine, un « rorqual commun » pour être précis. Depuis on a cherché sur le net et on sait maintenant qu’il atteint 22m et 50t. Et il était tout près ! A une cinquantaine de mètres du bateau, pépère, en train de déjeuner. Le printemps est apparemment la période où on en rencontre aux alentours des Baléares, au cours de leur migration vers le nord. Evidemment,impossible de faire une photo car il plonge et ressort là où on ne s’y attend pas, il faudra donc nous croire sur parole ;-)
Remis de nos émotions, nous arrivons au mouillage d’Espalmador : l’eau est transparente, la plage de sable, les dunes…mais horreur il y a des bouées, est ce qu’on a le droit de mouiller ? On a lu tellement de mises en garde sur les Baléares et les tarifs affolants du moindre corps mort. Est-ce qu’elles sont payantes ces bouées ? Un autocollant nous indique qu’il faut réserver. On appellera le numéro de téléphone pour s’entendre dire que c’est gratos et que les réservations ne sont obligatoires que de juin à septembre. On restera au mouillage 5 jours, rejoins rapidement par Fabien et Marjo avec lesquels nous partageons notre préoccupation de ne pas exploser sous l’effet des bons petits plats. On en profitera pour faire des balades sur l’île qui recèle outre cette baie paradisiaque, d’autres baies à l’eau turquoise, des falaises, un lac d’eau saumâtre et des amoncellements impressionnants de copeaux de posidonies (algues qui forment des prairies sous-marines) qu’on prenait de loin pour des rochers. Le temps se dégrade, il fait un vrai temps breton, il pleut, il fait gris, ca souffle un peu ; alors nous aussi on va aller souffler au port de Formentera (2 bon milles quand même !) qui pratique, heureusement pour nous, des tarifs hors saisons (20 Euros la nuit, en juillet c’est 110 Euros mais oubliez, faut réserver 1 an à l’avance !) Re courses, internet, re apéro bouffe en alternance sur Quasar. Le 2 avril, retour au mouillage à Espalmador, on enchaîne les grosses nav, dur ! Encore deux jours à glander et on dit bye bye à Quasar qui part faire la fête à Ibiza ville. Nous on décide contre toute logique d’aller sur la côte ouest de l’île d’Ibiza, à la Cala Badella avec le vent dans le pif. On s’est galéré toute une journée pour faire 10miles, les boules. On laisse tomber après une après-midi de bouchonnage et on finit par aller mouiller dans une cala minuscule au Cap Llentrisca. C’est simple, la Cala Llentrisca elle est petite, étroite, avec des filets à l’entrée, des bouées de casiers sur tout un côté, des barcasses à l’ancre et des caillasses au milieu…! On repère une bassine avec un peu de fond au dessus du sable, littéralement entre deux rochers et on jette l’ancre, une devant, une derrière car si on évite, on tape. Ouf pas un souffle d’air de toute la nuit, on n’a pas bougé.
Départ de lendemain 5 avril à 9h30, bien décidés à atteindre la Cala Badella (6M), où on jettera l’ancre vers 13h. C’est une petite station balnéaire au fond d’une jolie cala en train d’être défigurée par le génie immobilier espagnol. On ne reste qu’une nuit et on se met en tête de rallier Ibiza ville sur la côte opposée, bien sûr, inutile de préciser dans une quasi pétole au près. Et là, on va vraiment se traîner toute une journée pour faire 16 milles en tirant des bords carrés et tout ça pour une nouvelle fois finir à Espalmador, car il nous aurait fallu la nuit pour toucher au but…Re-mouillage (cette fois, il y a du monde), re-temps pourri, re-roulis , re-vent, orages, on débarque même pas. Et enfin, le 9 avril nous atteignons la Marina Botafoch de Ibiza (là encore, oubliez y a que en ce moment que c’est abordable et qu’il y a de la place).
Marche dans les rue escarpées de la citadelle pour se dégourdir les guiboles et courses si tout n’est pas fermé à cause de Pâques…et nooooooooon, on ira pas danser au Pacha !

mardi 4 novembre 2008

De Almérimar à Carthagène

Le 29 octobre 9h30, nous quittons Almérimar direction Carthagène, enfin c’est ce qu’on espère. Le vent s’est bien calmé (ouest sud ouest force 4), la mer commence seulement. C’est pile au Cap Gata que tout se gâte, nous entendons un BMS annonçant un avis de coup de vent et quasiment en même temps le vent monte effectivement de deux forces. Hop le génois rentre au chaud, le foc prend un ris ainsi que la GV. Comme je le sens pas du tout de nous faire brasser toute la nuit, je réussi à convaincre Ludo de se replier sur San José, un petit port juste après Gata, dans le parc naturel. Le port est très mignon entre les falaises et l’accueil est chaleureux, la note un peu moins. 35 Euros la nuit, ici le tarif hors saison connait pas ! C’est notre record de port le plus cher depuis le départ et on va y rester 3 jours à attendre une météo plus favorable. Il est vraiment minuscule ce port on a l’une des dernières places sur pendille, les autres visiteurs sont logés au ponton carburant. On va se faire une balade dans les environs montagneux et arides et réparer des bricoles (taquet de la prise de ris qui avait cassé).
Le 1er novembre on décolle de San José et là le vent toujours sud-ouest, s’est carrément cassé la gueule (force 4 puis 2 puis rien) et on va faire les 15 derniers milles au moteur pour arriver à Garrucha. Là le port est « completo » nous dit le gardien mais on a le choix soit on dort au ponton carburant et on raque une nuit de port, soit on va dans le bassin des pêcheurs et c’est gratos. On a donc passé la nuit tranquillo à quai entre les chalutiers et les salvamento maritimo pour que dalle.
Le lendemain départ 8h30 pour Carthagène. Il y a un avis de coup de vent en vigueur jusqu’à 16h mais sur le nord de la zone de Palos, nous on arrive du sud donc on suit le coup de vent en quelque sorte. Le vent est encore et toujours sud ouest et va monter de force 4 à un bon 6. Les derniers milles sont pénibles la mer est hachée et courte car à l’approche de Carthagène les fonds remontent rapidement. On fini avec la GV uniquement pour ralentir l’arrivée sur la digue, à 18h on est arrivés, on a fait une moyenne de 5 nœuds.Comparée aux villes champignons de la Costa del Sol et Blanca, Carthagène a du charme et surtout une histoire : créée par les Phéniciens 200ans avant JC (encore eux !), conquise par les Romains, par les Byzantins, les Maures, elle verra aussi partir Christophe Colomb pour les Indes (ben ouais le GPS existait pas à l’époque !), fut fortifiée à la suite de batailles fameuses et de longs sièges jusqu’au 18ème, a lancé le premier sous-marin et sera du dernier carré des résistants au franquisme.

From Almérimar to Cartagena

At 9 :30am on October 29, we leave Almérimar for Cartagena, well it’s what we’re hoping. The wind has calmed down (WSW Force 4), the sea is just starting to decrease. It’s precisely when we are passing the Gata Cape that things turn wrong: we hear a gale warning on the VHF and almost at the same time the wind freshens up to force 6 all at the sudden. The genoa has to go back inside, the gib with one reef is installed and the main sail is also reefed. I don’t feel like bouncing all night, I manage to convince Ludo to retreat to San José, a small harbor right after the cape in a natural park. This port is really cute, inside the cliffs and we are warmly welcomed. The bill is less friendly: 35 Euros per night, the most expensive harbor since we started our trip, no low season tariff here! And we’ll stay for three days waiting for good weather.The harbor is so small that we get one of the few berths available, other visitors will have to stay at the gasoline pontoon.We’ll go for a walk in the park; the landscape is dry and hilly. Ludo will also fix the cleat that broke on the boom.
On the 1rst of Nov we take off and the wind is luckily still SW but is now weakenning (force 4 to 2 to nil) and we will have to sail with the motor for the last 15M to reach Garrucha. When we arrive at night fall and in the rain, the guard warns us that the harbor is “completo” we can either spend the night at the gasoline station pontoon and pay the full price or go with the fishermen where it’s free of charge. All right! We’ll spend the night “tranquilo” in between the fishing boats and the salvamento maritimo. The next day we leave for Cartagena at 8:30am, there’s a gale warning still in force until 4pm on the north of Palos area, we are coming from the south. Wind is again SW and will freshen from force 4 to a good force 6. The last miles are painful; the sea is short and aggressive because the seabed is rising up quickly near the cost. We’ll end up with the main sail only to slow down our approach toward the breakwater, at 6pm we enter the harbor. Our average has been over 5knots.
In comparison with the characterless cities along the Costa del Sol and Blanca, Cartagena is charming and has a glorious past. Settled by the Phoenicians (again!), conquered by the Romans, then the Byzantinas, invaded by the Maures, the city has seen Christopher Columbus leave for the Indian continent (GPS didn’t exist yet eh eh), it’s been fortified up to the 18th centurie, won famous battles, survived long-lasting sieges, launched the first ever military submarine and finally was among the last to resist to Franco.

mardi 28 octobre 2008

Fearsome autumn weather

It’s been 10 days that we are stuck in Almérimar marina, in between the Med sea and the plastic sea of thousands square meters of greenhouses in this region. Almérimar is rather boring; it’s a huge harbor able to accommodate 800 yachts, lots of them being for sale. The marina is surrounded by vacation apartments, 99% of them are empty in this season, it says much about the liveliness of the place...
We saw again with Muriel and Stephane sailing on their Damien IV named “Iman”; we met them in Pontrieux just before with left. They are also waiting for good wind to rally the Balearic Islands and then Corsica.
Two days ago we changed the navigation light at the top of the mast for a LED and as we dreaded the starboard green light turned pale blue! We’ll surely put the LED as anchor light later and look for a more suitable LED model for our nav light.
Weather is not great, even if mostly sunny, it’s hesitating between eastern gale and western gale with one or two days of wind force close to zero in between.Yesterday it was blowing west at last but too strong and with a particularly rough sea. We'll be leaving sometime today for Cartagena 130M up north east.The sea should be calming down a little bit especially in the vicinity of the Cabo de Gata that has yet a bad reputation.

Temps capricieux d’automne

Ca fait maintenant plus d’une semaine que nous sommes au port d’Almérimar entre la Mer Méditerranée et les kilomètres carrés de la mer de plastique des serres environnantes. Almérimar n’a rien de fantastique, c’est un grand port de stockage de 800 places où beaucoup des bateaux sont à vendre. Le port est entouré d’appartements de vacances, vides à 99% en cette saison, bonjour l’ambiance.
Nous avons retrouvé Muriel et Stéphane sur leur Damien IV « Iman », rencontrés peu avant notre départ de Pontrieux, ils sont eux aussi en attente de vent favorable pour rallier les Baléares puis la Corse.
Il y a deux jours, on a changé le feu de nav en tête de mât pour une LED et comme on le redoutait le vert de tribord est passé au bleu pâle. On l’installera sans doute plus tard comme feu de mouillage et on cherchera une LED plus adaptée pour le feu de nav.
Le temps n’est pas super, même s’il fait grand soleil la plupart du temps, ça oscille entre coups de vent d’est et d’ouest, entrecoupés d’un ou deux jours de pétole. Hier ça soufflait ouest, enfin, mais trop fort et surtout avec une mer pas commode. Nous avons donc attendu que tout ça se calme et partons aujourd'hui pour Carthagène 130milles plus au nord est.

dimanche 19 octobre 2008

Calm AFTER the storm...

At last we left the anchorage in La Linéa on Thursday October 16 at 2:30pm. We started 2 hours before high tide in order to have the current with us as long as possible to get out of the bay and go east. We slalom in between enormous cargos anchored on both side of Europa Point, watching VHF channel 12 to anticipate their moves.When we passed the cape we clearly saw the Fedra, the cargo ship that run ashore and broke in two during the storm. Several boats are working on her, probably pumping out the fuel and maybe starting to dismantle her.
We have a west wind window until Saturday night, which should be enough to sail 130NM. We know already that the wind won’t be strong but we didn’t expect any wind at all. This first day is still acceptable with a 4 knots speed on average. The night is endless (nice short summer nights are over…), we are progressing slowly (2knots!). Happily dolphins arrive before night fall to play with us and will stay all night around the boat. Night watches are easier when you’re not alone :-) On Friday, the wind takes its time to start blowing and to choose direction but it’s little stronger (force 4) in the afternoon before weakenning again in the night. Short before noon, I saw a strange floating thing through the binoculars, Ludo decides that we should give it a closer look. It’s a half sunk big jet ski drifting, surely since the storm. Our first catch at sea!? It’s entangled in fishing nets, Ludo takes a plunge and releases it, but it doesn’t make any difference, it’s full of water. It’s impossible for us to tow it to the coast; we signal its position on channel 16 as a navigation hazard. At the end of the day wind will weaken and won’t come back before we arrive in Almérimar the next day at 4:30pm!! We had to use the engine for about 30NM otherwise we would still be stuck in the middle of the Alboran Sea. It was for sure a foretaste of sailing conditions in the Med : gale or no wind…

Le calme APRES la tempête...

Enfin nous quittons le mouillage de La Linéa ce 16 octobre à 14h30. Nous partons 2 heures avant pleine mer pour pouvoir bénéficier le plus longtemps possible du courant favorable pour sortir de la baie et progresser vers l’Est. Nous slalomons entre les énormes cargos à l’ancre de part et d’autre d’Europa Point, en veillant le 12 pour anticiper leurs mouvements. En passant nous pouvons aussi voir le Fedra le cargo qui s’est fracassé et cassé en deux sur cette pointe pendant la tempête. Plusieurs bateaux s’affairent autour de lui probablement pour pomper le carburant restant et peut être commencer à le démanteler.

Nous avons une fenêtre de vent d’Ouest jusqu’à samedi soir, ce qui devrait être largement suffisant pour couvrir 130M. Nous savons d’avance que le vent ne sera pas très fort mais on ne s’attendait pas à avoir de la pétole tout de même. Le premier jour c’est encore acceptable avec une moyenne de 4 nœuds. La nuit est longue (finies les belles et courtes nuits d’été…), on avance doucement (2 nœuds!). Heureusement des dauphins viennent jouer avec nous en fin de journée et nous accompagneront toute la nuit, c’est moins dur les quarts quand on n’est pas tout seul. Le lendemain le vent a encore bien du mal à se lever et à s’établir mais il souffle un peu plus fort (force 4) dans l'après midi puis retombe encore dans la nuit.
En fin de matinée le jour suivant,je repère au loin un truc bizarre qui flotte, Ludo décide d’aller voir de plus près. C’est un gros jet ski à la dérive sans doute depuis la tempête. Notre première prise de mer !? Ludo plonge et le déleste du filet qu’il traîne mais il est à moitié rempli d’eau, donc impossible pour nous de le remorquer ; on signale sa position sur le 16. Juste avant la tombée de la nuit le vent tombe et ne se relèvera pas jusqu’à notre arrivée à Almérimar, le lendemain à 16h30 !! On a dû faire une trentaine de milles au moteur sinon on serait encore au milieu de la Mer d'Alboran. Voilà en tout cas un avant goût de la navigation en méditerranée : baston ou pétole…

mardi 14 octobre 2008

Tempête sur Gibraltar

Ata Jata est depuis 1 mois au mouillage devant la plage de La Linéa, au fond de la baie, côté espagnol. Moi je suis remontée 3 semaines en France et Ludo est resté à bricoler et à s’ennuyer sur le bateau. On a une 3ème batterie maintenant qui permet de stocker le surplus d’énergie que nous perdions auparavant. Les vents sont censés être orientés ouest en majorité à cette saison et pourtant il n’y a eu que 2 fenêtres de 48h d’Ouest en un mois !
Le 9 Octobre, le navtex et passageweather.com annonce un bon coup de Levanter. Il est annoncé force 8-9 pour la zone du détroit de Gibraltar pour au moins 24h. On se dit que ca va barder mais qu’on est assez protégé là où on est ; il va juste falloir prendre son mal en patience…On dort mal, forcément, puisqu’on sait ce qui va nous arriver sur la tronche. Vendredi, lever 6h30, ça commence tout juste à souffler. Vers 10h une houle de 2m se lève dans le mouillage et nous ballotte, le plus inquiétant c’est qu’elle déferle à 500m au large derrière nous (apparemment sur un haut fond) et casse devant nous à moins de 50m jusqu’à la plage…pas terrible. On se sent un peu dans la peau du surfeur attendant la vague. On démarre le moteur et à plusieurs reprises on remonte des vagues en marche arrière. On se dit que le mouillage ne va pas tenir avec un vent à décorner les bœufs et des grosses vagues et qu’on ne va pas faire du rodéo avec le moteur pendant 24h. On profite d’une relative accalmie pour remballer notre mouillage, non sans mal ; et aller se mettre à l’abri derrière le brise lame de Puerto Chico juste à côté. Au fur et à mesure pratiquement tous les autres bateaux vont faire de même. Le port est en travaux et avait viré tous les bateaux il y a un mois ; tout le monde y cherche refuge aujourd’hui.
A partir de vendredi à la mi-journée ça commence à bien souffler : Ludo mesure 37 nœuds (65km/h) avec notre petit anémomètre à main qui manque de tomber en morceaux. On espère que le mouillage va tenir : une ancre soc de charrue (12kilos) et 25 mètres de chaîne de 10mm, par 6m de fond de vase et sable. Le coup de vent (après requalifié en « tempête » à Gibraltar) s’étend d’Alger à la mer d’Alboran, au détroit de Gibraltar jusqu’à Agadir au Maroc. Sur le Navtex déjà 3 « search and rescue ». En fin de journée, un cata qui avait pété son mouillage et dérivait sans moteur et sans radio dans la baie est ramené au port par les salvamento maritimo. Il ne sera pas le seul à subir de la casse. On suit en direct sur le canal 16 la préparation de l’hélitreuillage de 31 marins d’un navire en difficulté de l’autre côté du Rocher ; on verra plus tard dans la presse qu’il s’agit du cargo Fedra qui s’est échoué et coupé en deux sur Europa Point. La nuit est longue, impossible de dormir, à tout moment, je m’attends à sentir le bateau rompre son mouillage et partir à la dérive. A 3h du mat une corne de brume nous fait bondir dans le cockpit, il y a une vedette qui dérape dans le port en traînant son ancre, elle nous passe à quelques mètres. Il n’y a personne à bord. Elle va raccrocher le fond un peu avant de s’échouer sur le brise lame, puis le vent va tourner, lui permettant de continuer sa balade entre les bateaux au mouillage, sortir du port et dériver jusqu’à l’autre bout de la baie où elle va s’immobiliser jusqu’au matin. Elle y sera récupérée indemne par son propriétaire !
D’énormes vagues défoncent la digue qui est maintenant ouverte sur 250m. Le vent forcit encore, le clapot dans le port est assez conséquent. Ata Jata tient toujours mais c’est le gros stress : des éclairs illuminent le ciel autour de nous toutes les 5 secondes, le vent hurle, par moment il pleut, l’eau fume, il y a des montagnes d’eau qui grignotent la digue derrière nous et à notre droite… « Putain qu’est ce que je fous là !?!? »
Samedi matin, pas dormi ; ça souffle toujours, le vent tourne un peu et nous voilà en plein dans le couloir d’accélération entre la ville et le Rocher. A l’avant chaque rafale s’accompagne d’un « Vlan ! » énorme dans le davier. A la marina Queen’s way de l’autre côté de la digue un plaisancier note une rafale à 59 nœuds (force 11, 100km/h) ! Enfin, à la mi-journée samedi ça se calme, le bateau est tout rouge de poussière, à 15h on s’effondre et on dort !
Le coup de vent annoncé s’est bel et bien transformé en tempête violente de force 11, créant des conditions de mers dantesques. Le stress aura duré 36 heures. Résultat : 2 cargos échoués, 1 sur Europa Point et 1 à Algéciras, tous les deux laissent échapper du pétrole, notre coque pleine de boulettes gluantes peut en attester. Un voilier inhabité de 12m s’est échoué sur la côte. Finalement on était pas si mal au mouillage à Puerto Chico, c’est sûr un milliard de fois mieux qu’en mer et mieux qu’à la marina où les dégâts ont été importants, mais même si Ata Jata a assuré grave, suis pas pressée de revivre ça !!! Même si on va devoir faire du près pour progresser vers l’Est, on se barre d’ici !

Storm on Gibraltar


Ata Jata has been anchored for a month in front of La Linéa beach, at the far end of the Bay of Gibraltar on the Spanish side. I went back to France for 3 weeks and Ludo stayed on board, fixing things and getting bored. Now we have a third battery, which allow us to stock the extra energy we were losing before. Wind is supposed to be mainly West in this season but in a month only 2 windows of 48 hours of West wind occurred!

On October 9, the Navtex and passageweather.com announce a fair gale of Levanter. East wind force 8 and 9 is expected in the Gibraltar strait area for at least 24 hours. We realize there’s going to be trouble but we think we are in a safe protected place, we will just have to be patient…We sleep badly of course because we know what is coming. Friday, we wake up at 6:30am, it’s starting to blow. Around 10am a 2 meter swell enter the anchorage and we start bouncing. What’s worrying is that some waves are breaking 500m behind us (apparently on a sand bank we haven’t noticed before) but also break less than 50m in front of us toward the beach…not too good. We feel like the surfer waiting for a good wave. We start the engine and several times we have to run up the wave in reverse gear. We fear our anchorage won’t resist strong winds and big waves and for sure we won’t play this game for 24 hours. We wait for a lull of wind to pick up the anchor (and that’s not easy as the boat is already pulling hard on it) and seek shelter inside the near breakwater of Puerto Chico. One after the other almost all the boats will do the same. They are building a new port and a month ago they kick out all boats anchored inside Puerto Chico but today everybody is back for protection from the swell.
By midday on Friday it’s blowing harder. With our little manual wind meter (that almost falls apart) Ludo measures 37knots (65km/h). We hope the anchorage will hold: 12kilos anchor and 25 meters of 10mm chain on a mud/sand 6m deep ground.
The gale (soon renamed “storm” in Gibraltar) warning covers an area from Algiers and all Alboran Sea, Gib strait to Agadir in Morocco. Already 3 “Search and Rescue” messages flashed on the navtex. At the end of the day a catamaran adrift in the bay has been rescued by the Salvamento Maritimo and brought to the harbor. She broke her chain; she won’t be the only one. We are following live on channel 16 the preparation of a rescue operation by an helicopter to extract 31 crew members from a drifting ship. Later we’ll read in newspaper that this ship is actually the bulk cargo Fedra which knocked on and broke in two on Europa Point. The night is long and sleepless; every minute I feel like our boat will break her anchorage and go adrift.
At 3am the sound of a fog horn rushes us into the cockpit: there’s a motor boat dragging her anchor and drifting across the anchorage. She passes us by few meters only. There’s no one on board. Her anchor will hold again just before she bumps into the break water, then the wind will veer and she will continue to wander around in between anchored boats, will get out of the harbor and end up on the other side of the bay where her captain will pick her up unhurt the next morning! Huge waves are dismantling the breakwater rock after rock and it is now wide open on 250meters. The wind is freshening again and the fetch in the harbor is getting worse. Ata Jata is holding good but I’m stressed out: thunder lightens the night all around us, wind is screaming, the water is smoking, there are enormous masses of water smashing up the breakwater on the left and behind us…”What the hell am I doing here?!?!?”
Saturday morning, we haven’t slept, it’s still blowing hard. The wind veers and now it’s coming from right in between buildings of the city and the Rock, which makes an accelerating corridor. At each gust we hear a big noise from the bow. In Queen’s Bay marina on Gibraltar side a sailor notice a gust at 59 knots (force 11, 100km/h)! At last by midday it’s calming down, the boat is all covered by red dust; at 3pm we crash and snore.
The forecasted gale turned indeed into a strong storm force 11 generating dreadful sea conditions. Our stress lasted 36 hours. Aftermaths: 2 cargos run ashore, one on Europa Point, one in Algeciras, both have oil leaks and the sticking oil balls on our hull prove it. An unmanned 44 feet sailing boat went ashore too. Finally we were not so bad in Puerto Chico, a billion times better than at sea for sure and even better than in the Gib marinas were the causalities were serious; but even if Ata Jata made it, I’m not looking forward to experiencing this again!!! Even if we’ll have to sail against the wind toward East, we’re out of here!